L'évolution des emballages ménagers en France de 1994 à 2012 : plus de produits consommés… moins d’emballages utilisés !

11 janvier 2017

Quantifier et analyser les quantités d‘emballages ménagers utilisés en France est un défi au regard de l’évolution des canaux de distribution. C'est l'objectif d'une étude menée à intervalle régulier par Eco-Emballages, Adelphe et l'Ademe. Tendances d'éco-conception, matériaux utilisés, lieux de consommation : découvrez les principaux enseignements de l’édition 2012.

Depuis 1994, Eco-Emballages, Adelphe et l’Ademe réalisent une étude permettant de suivre l’évolution des tonnages et du nombre d’emballages ménagers mis sur le marché. Il s'agit de données complexes à mesurer, mais importantes pour comprendre et anticiper l'évolution des emballages consommés, des matériaux utilisés, des lieux de consommation, etc. Cette dernière édition présente une nouveauté : l’étude détaillée du gisement des emballages des produits consommés en dehors du domicile. Cette évolution reflète les changements survenus dans les canaux de diffusion (hors domicile, mais aussi e-commerce) qui ont entrainé une évolution de la méthodologie de l’étude pour cette édition. 

 

Plus de produits consommés... mais pas plus d'emballages !

Une tendance observée dans cette enquête réside dans le "découplage" entre la consommation des ménages et le tonnage d'emballages mis sur le marché. Dit autrement, bien qu'entre 2009 et 2012, la consommation de produits alimentaires emballés par les ménages ait augmenté, notamment du fait de la croissance naturelle de la population, les quantités d'emballages ménagers mis sur le marché ont diminué ! Au total, le tonnage d’emballages mis sur le marché en 2012 pour une consommation à domicile s’élève à environ 4,9 millions de tonnes. Une diminution de 2,1 % entre 2009 et 2012, soit 134 000 tonnes en moins, alors que pendant la même période la population augmentait de 1,5 %.

Ce découplage témoigne de l'effet direct des choix de conception des emballages par les industriels sur le gisement global : la réduction à la source, qui consiste à minimiser le poids et/ou le volume de l'emballage ; l'évolution des contenances (lessives concentrées, taille des bouteilles de bières...).

Entre 2009 et 2012, la masse d’emballages ménagers mise sur le marché par habitant a diminué de 4,1 % et se situe à 77,1 kg/an/ habitant.

Au-delà du poids unitaire, ce sont également les évolutions de matériaux qui sont mises en lumière : la part des emballages en verre, matériau le plus représenté en poids (45 % du gisement), connaît depuis 1997 une diminution régulière, tandis que celle des plastiques et du carton augmente. De 18 % en 1997, la part du plastique représentait en 2012 24 % du tonnage des emballages ménagers.

 

Des nouveaux comportements de consommation

Les changements de modes de vie des Français sont également des facteurs qui influent sur le gisement des produits consommés par les ménages. Le nomadisme alimentaire se développe et la part des repas pris à l’extérieur du domicile, notamment dans la restauration rapide, augmente, déportant ainsi une partie de la consommation des emballages à domicile vers une consommation hors domicile.

Le hors domicile représente ainsi 12 % des emballages des produits consommés par les ménages en France, soit un gisement de 693 000 tonnes.

 

Et avec 183 000 tonnes, la restauration rapide concentre plus d’un quart des tonnages d’emballages ménagers consommés hors domicile, principalement en plastique et en papier-carton.  

Autre enseignement : la consommation hors domicile se caractérise par un nombre élevé « d’attributs ». Qu'il s’agisse des sacs de transport pour la vente à emporter ou des produits achetés en grande et moyenne surface, des emballages de menus enfants ainsi que des emballages de sauces, sel, poivre, sucre, confiseries, couverts, porte-gobelets, pailles… ces attributs représentent 10 % des tonnages d’emballages consommés hors domicile, soit 70 000 tonnes. On les trouve notamment dans la restauration rapide.

 

L'allègement des emballages se poursuit

L'étude revient également sur les grands marchés de consommation ayant observé les plus fortes évolutions en termes d'allègement des emballages, par exemple les bouteilles de vin. En concertation avec certains vignerons, les verriers ont développé des bouteilles plus légères qui se sont généralisées entre 2009 et 2012.

Même constat concernant les bouteilles d’eau en plastique. Épaisseur réduite, hauteur des bouchons diminuée : entre 1994 et 2012, le poids de la bouteille en PET a été réduit de 36%. Autre domaine dans lequel la réduction est avérée : la suppression des cavaliers en carton autour des packs de quatre pots de yaourt. Après avoir été initiée par des grandes marques et couplée à l’allègement des pots par injection d’air dans l’épaisseur, cette bonne pratique s’est généralisée.

Ces exemples montrent que les entreprises travaillent à réduire les impacts environnementaux via des innovations permises par l’évolution des matériaux et des procédés, en réponse aux attentes du consommateur. Certains secteurs atteignent même parfois une limite au-delà de laquelle le produit risquerait d’être perdu… et explorent donc une diversité d’actions d’éco-conception. De nombreux exemples figurent sur le catalogue en ligne de bonnes pratiques d’Eco-Emballages : n’hésitez pas à le consulter.

 

Pour découvrir l'étude dans son détail, vous pouvez la télécharger ici ! Bonne lecture.